Nouvelle lune en Gémeaux, le 15 juin. Je vois avec mon petit œil… Comment vous percevez-vous ?

Nous parlons de la pleine lune en Gémeaux. En juin, nous sommes pleinement immergés dans le carré d'Uranus en Gémeaux avec l'axe nodal Poissons-Vierge, qui prendra fin en juillet lorsqu'il entrera en Verseau/Lion. Nous disons également adieu à Jupiter, qui entre en Lion le dernier jour du mois, et nous vivrons aussi l'entrée de Chiron en Taureau, qui sera définitive l'année prochaine… Puisque nous allons parler de cette nouvelle lune en Gémeaux, qui aura lieu à 24°02' Gémeaux le 15 juin, il est intéressant de noter que les maîtres de cet axe Gémeaux/Sagittaire, à savoir Mercure et Jupiter, Ils sont en Cancer, et ce Mercure, maître de cette lunaison, entamera sa rétrogradation le 29 juin à 26°15' Cancer, juste avant d'atteindre Jupiter, et redeviendra direct les 24 et 25 juillet à 16°20' Cancer. Ainsi, pour cette lunaison en Gémeaux, Mercure, le maître, sera déjà dans sa pré-ombre, c'est-à-dire qu'il traverse des degrés du Cancer qu'il retraversera. Entre cette rétrogradation et le carré d'Uranus à l'axe nodal, tout un processus de restructuration mentale se met en place. Mercure en Cancer traite les informations à partir de ses sensations ; l'esprit se connecte à l'eau. Si le Cancer nous invite déjà à nous replier sur nous-mêmes, à nous tourner vers le passé, la rétrogradation est aussi un ’ retour ’… c'est une révision de notre passé, de notre histoire de vie, de nos émotions, de nos schémas inconscients. Uranus en Gémeaux nous demande de nous libérer de certains récits. L'eau nous relie à l'âme, nous invitant à nous souvenir… mais de quoi nous souvenons-nous ? Les histoires que notre esprit a créées ? Le cancer est une énergie liée à l'âme par ce processus d'habitation, d'exploration de notre être intérieur, de notre espace intime et privé. Nous habitons-nous nous-mêmes dans un processus constant de redéfinition, à mesure que nous nous découvrons ? Ou habitons-nous l'identité tissée par notre esprit ?
L'énergie des Gémeaux nous invite à nous interroger… non pas tant pour trouver des réponses, mais pour permettre au mouvement de toujours être possible, au récit d'évoluer. Et un récit ne se tisse que dans la “ relation ”, ce à quoi nous invitent les énergies de l'air, ainsi que le chemin qu'elles parcourent à travers les trois signes qui le composent – en l'occurrence, Gémeaux, Balance et Verseau – car une fois que je m'accroche à quelque chose, il est plus difficile de m'en détacher ou de changer de direction. C'est une lunaison très importante puisqu'il s'agit de la première en Gémeaux, Uranus étant désormais définitivement dans ce signe. Nous semons la graine d'une nouvelle histoire de vie… De plus, la Lune et Mercure sont en réception mutuelle, créant ainsi un magnifique dialogue entre le monde mental des Gémeaux et le monde imaginaire et émotionnel de la Lune. Et il me semble que les théories de James Hillman L'idée d'une psychologie comme psychologie des images, du fantasme, devient très pertinente… Considérer la psyché, l'âme, comme cette capacité à produire des images librement et de manière autonome, percevoir comment l'âme s'exprime, et ainsi définir la psychologie non pas comme une guérison des pathologies, mais comme cet art de comprendre le langage de notre esprit, de notre âme. L'œuvre de Hillman est influencée par les théories d'Henri Corbin, celle du monde imaginaire… un monde différent de ce que nous entendons aujourd'hui par imagination, car il semble que nous ne puissions l'interpréter que comme l'opposé de la réalité… Selon ce concept du monde imaginaire, nous vivons entre deux mondes… ce monde imaginaire unit le monde intérieur au monde extérieur. Nous sommes à la fois dedans et dehors, car nous sommes immergés dans ce monde de fantasmes et d'images, et nous créons notre réalité à partir de ces souvenirs. Selon Jung, sur lequel Hillman fonde son travail, ce que nous savons, ressentons et pensons repose sur le fantasme, car il provient d'images psychiques. Ces images sont organisées en modèles archétypaux, et c'est cette perspective archétypale qui nous relie à autrui, car nous partageons ces archétypes, ces personnages, ces histoires de vie. Ainsi, être en contact avec notre âme (les eaux des Poissons, du Cancer) revient à être en contact avec nos fantasmes, car la matière elle-même est structurée en archétypes. La révolution de l'esprit à laquelle Uranus en Gémeaux nous invite consiste à déconstruire notre conception même de la réalité, car, dans ce carré avec le Nœud Nord en Poissons, toute une manière de comprendre la psyché se dissout. C'est pourquoi nous parlons aussi d'une évolution de la conscience, et pas seulement d'IA et de technologie… Ces technologies sont plutôt le reflet de cette évolution de l'esprit et des connexions. Ce monde d'images et de fantasmes n'est pas celui que nous créons par l'évasion (l'ombre des Poissons) ni par les réseaux sociaux et la déconnexion (l'ombre du Verseau). Il s'agit plutôt de construire un pont entre ces mondes, de comprendre ce qui les unit. Comprendre les différentes facettes de notre personnalité et leur laisser l'espace nécessaire pour coexister harmonieusement, plutôt que de chercher des pathologies, nous permet d'accepter nos propres contradictions non comme un dysfonctionnement, mais comme des aspects de nous-mêmes qui doivent apprendre à coexister. De la même manière que l'esprit humain apprendra à coexister avec l'esprit artificiel… Et c'est ce même travail que nous accomplirons plus tard, lorsque le Nœud Nord entrera en Verseau : l'acceptation des différences et la coexistence. L'ombre de l'air, des Gémeaux et du Verseau, est celle de la déconnexion, de la dispersion, de la fragmentation… Autrefois, les récits mythiques, les légendes et les textes sacrés offraient à l'humanité un soutien dans ce monde archétypal et imaginaire ; aujourd'hui, nous sommes de plus en plus déconnectés, nous réfugiant dans l'imagination et négligeant son pouvoir. Car tout commence là… tout comme dans le zodiaque, tout commence et finit dans les énergies des Poissons et de la 12e maison (qui unissent le commencement et la fin). Si l'on se penche sur l'étymologie des mots “ imagination ” et “ fantaisie ”, on constate que l'imagination signifie “ l'acte de former une image ou une représentation mentale ” et la fantaisie « l'acte de rendre quelque chose visible ». Il existe un lien entre la fantaisie et la photographie, qui repose sur une racine commune : la lumière. C'est pourquoi l'opposition de Lilith en Sagittaire à cette nouvelle lune nous invite à retrouver le sens de notre existence afin d'éviter la fragmentation. Une nouvelle pensée émerge, une nouvelle manière de nous comprendre, de penser à nous-mêmes, de comprendre notre psyché et, par conséquent, de voir et de percevoir la réalité. Si autrefois chaque dieu avait son autel, aujourd'hui, c'est un appel à reconnaître chaque facette de nous-mêmes qui nous habite, chaque part de nous-mêmes « dans l'ombre » de l'autre, car nous sommes en suspension dans l'air… en connexion, en relation. Quelle part de nous s'exprime à chaque instant ? Car ces voix de l'âme, cette multiplicité de facettes, nous confèrent la liberté de choisir et de tracer notre propre chemin dans la vie, face à l'ego qui cherche à tout contrôler et à n'être qu'une seule voix. Le changement d'axe nodal et les éclipses à venir cet été nous rappelleront la multiplicité. Si plusieurs facettes coexistent en nous, cela signifie que d'une même vie peuvent naître plusieurs récits du passé et plusieurs futurs. C'est pourquoi un nouvel avenir s'ouvre ; l'IA n'en est que le reflet… elle n'en est pas le déclencheur.
L'énergie des Gémeaux nous reconnecte à notre enfant intérieur par le jeu, la légèreté, la curiosité et le mouvement, nous permettant d'explorer, de découvrir et de nommer ce que nous voyons et apprenons. Il s'agit de poser des questions pour comprendre ce monde, cette réalité, ce contexte qui nous entoure. Après cette compréhension, grâce à l'énergie du Cancer, nous commençons à créer cette perception de nous-mêmes, à entreprendre ce processus d'intégration intérieure, à prendre forme en tant qu'êtres que nous sommes. Mercure, maître de cette lunaison, en Cancer, nous invite à imaginer et à visualiser cette nouvelle histoire de vie. Cependant, étant donné que nous sommes dans la phase d'ombre, ces images seront affinées au cours des prochains mois. C'est un moment propice pour un voyage, pour commencer à étudier quelque chose qui nous invite à explorer et à découvrir. Et dans cette découverte, nous nous découvrons nous-mêmes, car il existe un appel profond à l'intériorité, à la connexion avec notre âme grâce à l'énergie du Cancer. Le carré formé par Saturne, Pallas et Chiron en Bélier est une invitation à cette nouvelle identité.
Il est également intéressant d'observer la configuration en yod, où Mercure forme un sextile avec Mars en Taureau, et Lilith en Sagittaire à l'extrémité du yod, formant ainsi la nouvelle lune au milieu de ce sextile entre Mars et Mercure, même si ce n'est pas exact… Accepter notre personnalité, c'est aussi accepter nos vérités… non pas l'idéal de vérité que nous souhaitons atteindre ou incarner, ni celui auquel nous aspirons, mais la réalité que nous habitons, dans la mesure où elle correspond à ce que nous pouvons percevoir. Ce n'est pas la réalité elle-même… mais plutôt une question de réajustement du sens que nous lui donnons. Car un yod implique la présence de deux quinconces, créant ce sentiment de malaise et ce besoin d'ajustement. Et cette nouvelle lune, se produisant plus ou moins au milieu de ce sextile, nous offre précisément la possibilité d'avancer vers un nouveau récit, une nouvelle trame qui nous permette d'intégrer ce sens à la réalité que nous percevons. Lilith en Sagittaire nous procure ce malaise en élargissant nos horizons, cette expansion émotionnelle et spirituelle qui nous permet d'élargir notre perspective. Vénus formera une opposition avec Pluton en entrant en Lion deux jours plus tôt, le 13, laissant une tension persistante quant à notre estime de soi. Rappelons que le 9, Vénus est conjointe à Jupiter en carré avec Chiron, et lorsque Chiron entrera en Taureau le 19, Vénus restera en tension avec Pluton. Vénus en Lion aspire à exprimer sa lumière, à rayonner ; elle est pleine de feu et de vitalité, mais ce carré la pousse également à douter de sa propre valeur. Nous ne pouvons exprimer que ce que nous acceptons et aimons en nous-mêmes, et Pluton nous plonge dans l'obscurité pour que nous puissions voir où réside cette véritable valeur, cet or. Nous reviendrons plus tard sur ce Chiron en Taureau, mais il s'agira d'un grand travail d'acceptation, d'une capacité à nous accueillir nous-mêmes, dans ce corps, cette chair, cette matière à travers laquelle nous donnons et exprimons la vie. La tension entre Vénus et Pluton, déjà présente en cette nouvelle lune, nous invite aussi à accueillir cette multiplicité de voix, de personnalités – celles qui sont restées dans l'ombre, faute d'être acceptées, reconnues et aimées. Car nous rayonnons lorsque nous sommes en harmonie et en équilibre avec toutes nos facettes. Vénus nous invite sans cesse à nous connecter au principe d'ordre cosmique qui permet cette harmonie. Le centre n'est pas un point, mais un état d'être.
Je ne vais pas m'étendre davantage, et il n'y aura probablement pas de podcast pour la pleine lune en Capricorne puisque je serai en vacances, mais je mentionnerai simplement le solstice d'été le 21 avec le soleil entrant en Cancer, Mars entrant en Gémeaux où il rencontrera Uranus et formera un carré avec l'axe nodal, la pleine lune en Capricorne le 29 marquée par la rétrogradation de Mercure dans son signe complémentaire (Cancer), et Jupiter entrant en Lion le 30.