Saturne en Bélier, du 25 mai 2025 au 13 avril 2028. Le désir d'accomplissement

Le 25 mai 2025, Saturne entrera en Bélier. Ce n'est pas son entrée définitive, puisqu'il rétrograde le 12 juillet, retourne en Poissons le 1er septembre, redevient direct le 27 novembre et réintègre les Poissons le 14 février, quelques jours avant sa conjonction exacte avec Neptune le 20 février. Cette entrée est comme un avant-goût de l'énergie de Saturne en Bélier. La première entrée de Pluton en Verseau a été celle de la propagation du GPT… Ainsi, bien que l'entrée en Bélier soit brève, nous pourrons entrevoir ce que ce changement de signe implique. C'est un changement important puisque les Poissons sont le dernier signe du zodiaque et le Bélier le premier ; Saturne entame donc un nouveau cycle. Concernant ses deux entrées en Bélier, la première, son maître Mars, sera en Lion en trigone avec Vénus, et en février, Mars sera en Verseau. Ce mouvement est accompagné par Neptune, qui reviendra également en Poissons et rentrera en Bélier environ 15 jours avant, et les deux se rencontreront dans une conjonction partile en Bélier le 20 février.
Après cette introduction pour nous situer dans le temps, approfondissons notre connaissance de Saturne. Saturne, aussi appelé le dieu Chronos, nous relie à la Terre, au temps, à la maturité, à la maîtrise, aux limites, aux difficultés, au principe de « réalité ». Et le Bélier, l'énergie du feu, de l'initiation, de la motivation, de l'action, l'énergie vitale qui nous permet de prendre de l'élan et d'ouvrir la voie, premier signe du zodiaque… la naissance. Pour moi, ce Saturne en Bélier me relie au processus d'individuation de C. Jung, qui consiste à suivre cette énergie ardente qui vibre en nous et à la façonner en prenant la décision d'ouvrir cette voie que nous ressentons. Le Bélier nous relie pleinement à l'individualité et à la séparation, tout comme Saturne nous relie à la coupure, puisque, mythologiquement, Chronos est celui qui coupa les testicules d'Uranus avec sa faucille, fécondant continuellement Gaïa sans que ses enfants puissent voir la lumière, demeurant dans les entrailles de la Terre. Et de cette coupure, Aphrodite naquit de la mer… Ce processus d'individuation dont parle C. Jung est ce processus de réalisation. Si l'on examine l'étymologie de « réel », « réalité » et « réalisation », on constate qu'ils viennent tous de « res » (chose) et de « realis » (la chose réelle), ce qui signifie que « chose réelle » et « réel » viennent également de « res » (chose), ce qui implique qu'il existe. Et précisément, le Bélier nous parle d'existence. Dès ma naissance, j'ai une vie et une existence propres. Cette notion d'existence est essentielle car elle me sépare des eaux, d'où je viens, et aussi du conditionnement. À chaque étape de ma vie, je suis accompagné par une structure qui me permet de me donner une forme « réelle », c'est-à-dire de voir mon existence à travers ma forme. La réalité n'est pas seulement ce que je vois et ce qui m'entoure, mais plutôt cet acte de donner existence à quelque chose. Cet acte de réalisation, d'individuation. Et ce qui m'entoure s'apparente davantage au conditionnement qui m'entoure et me permet de prendre forme, de me donner existence, car chemin faisant, nous nous construisons. Jung exprime dans l'un de ses livres que l'ordre et la structure sociaux ne découlent pas de la loi elle-même, mais de l'imitation, et que le positionnement de l'individu dans la société est identique à la relation de sa psyché individuelle à la psyché collective, ainsi qu'à la nécessité de séparer la psyché individuelle de la psyché collective par ce processus d'individuation. Nous parlons ici d'une énergie masculine, car l'énergie masculine vise à pénétrer le féminin pour donner naissance, tout comme nous le voyons dans la mythologie avec la castration d'Uranus et la naissance de Vénus (la beauté de notre forme, nos valeurs… qui nous définissent). Sans cette action masculine, il n'y a pas de naissance, mais plutôt répétition. Nous ne parlons pas de genre, mais d'énergies masculine et féminine, et que tous les hommes et toutes les femmes abritent ces deux énergies. Naître implique de cesser de répéter, mais pour naître, il faut du temps, des expériences et se souvenir, car si nous ne voyons pas, nous agissons par cécité. Le masculin et le féminin doivent cheminer ensemble pour ne pas cheminer par cécité…
Saturne nous parle de discipline, de structure, de temps et de limites, et nous relie évidemment à la structure de la société, à ses lois et à ses valeurs de civilisation. Mais cette société n'existe pas en soi ; c'est plutôt le collectif d'individus qui la constitue. La société, c'est nous, avec nos individualités. Les mouvements du ciel nous imposent beaucoup de travail en lien avec ces concepts d'identité (Bélier) et de groupe, de collectif (Verseau). Avec Neptune en Poissons, nous avons vécu sous le pouvoir de la « masse », du salut… Saturne n'est pas seul en Bélier ; il est avec Neptune… et cela marque précisément notre responsabilité envers soi-même. La première structure est en nous ; c'est notre squelette, nos fascias, nos muscles… qui nous permettent de nous tenir debout, de marcher, et c'est la structure que nous voulons donner à notre vie, à notre existence. Cela implique action, décision, risque, courage, car personne ne me garantit le chemin. Le Bélier est le pionnier. Saturne en Bélier représente le travail et la discipline intérieure pour forger notre propre chemin en relation avec les autres formes qui le parcourent. J'aime l'image que l'astrologue José Millán donne du sculpteur, car c'est précisément ainsi que nous sculptons notre chemin, notre vie, notre existence. Sculpter implique de tailler, d'éliminer pour ne laisser que l'essentiel. En fait, Saturne implique l'essence, il implique de ne laisser que l'essentiel. Ainsi, avec Saturne en Bélier, nous sculptons notre désir pour n'en conserver que l'essence. La seule chose qui sépare le réel de l'irréel est la notion de « forme », et Saturne est précisément ce chronos qui taille et façonne, ou ce sculpteur qui prend une pierre et en retire des couches jusqu'à ce qu'elle prenne forme. Les limites, les restrictions, nous permettent de toucher l'essentiel. Et c'est de cela que nous parle ce transit de Saturne en Bélier : l'essence de qui nous sommes, de notre identité. Et ce processus s'effectue évidemment grâce à ce qui n'est pas encore réel… c'est latent… Tout survient après une inspiration, dans tous les sens du terme… la respiration est la plus évidente, mais elle fait aussi référence à la manière dont nous puisons l'inspiration et à ce qui l'inspire. Et si ce n'est pas une inspiration, c'est une copie. Copier implique de prendre ce qui existe déjà et de le reproduire, de l'imiter. Et cela me fait écho à l'idée de Jung selon laquelle la structure sociale n'est pas créée par la loi, mais par l'imitation. Et l'énergie du Bélier ne nous invite pas à imiter, mais à être pionnier… Évidemment, une personne avec beaucoup d'énergie Bélier se sentira limitée, entravée. Elle aura l'impression qu'on freine alors qu'elle est habituée à accélérer, mais ralentir lui permettra de choisir son itinéraire, de prendre en compte ce qui se présente en chemin et d'adapter sa voiture à la route à suivre. D'autres seront appelés à prendre la responsabilité de leur vie et de leur chemin…
La discipline et le travail de Saturne, associés à l'énergie ardente du Bélier, peuvent prendre de multiples formes… de la constance et de la concentration sur un objectif à la rigidité et à l'ordre, en passant par le conflit, la guerre et le combat (« militaire »). Imitons-nous les structures ou créons-nous les nôtres ? Sommes-nous encore conditionnés par les structures de notre conditionnement social et familial ? Évidemment, nous serons toujours conditionnés par quelque chose. L'essentiel est d'en être conscient et de ne pas commettre d'actes aveugles et répétitifs. Neptune en Bélier s'emploie déjà à diluer nos croyances et à prendre une direction cohérente avec nos ressentis et notre intuition. Neptune en Bélier nous invite à nous souvenir des désirs de l'âme, et Saturne nous permet de ne pas nous perdre dans une régression, mais de les pénétrer et de leur donner forme. Saturne en Bélier représente l'autorité et la responsabilité de nos vies. Cette étape implique de prendre en charge nos différences et notre singularité. L'entrée de Saturne en Bélier se produit d'abord avec son maître, Mars, en Lion, puis avec Mars en Verseau. C'est intéressant car cet axe nous parle de singularité et de différence, du soi et du collectif. L'énergie du Lion suit celle du Cancer car je me démarque de ce lieu où j'ai grandi et où j'ai grandi, et je me lance dans ma propre vie, ma propre lumière, ma propre singularité. Et sur ce chemin, je réalise que le monde est peuplé de personnes qui portent aussi leur lumière et sont différentes de la mienne (Verseau). De même, la polarité du Bélier, qui est la Balance, me rappelle que tout se crée véritablement dans la relation à autrui.
Ainsi, avec Saturne en Bélier, nous atteignons pleinement notre désir et son accomplissement. Le désir d'être, de nous réaliser en tant que personne. Et Saturne nous apportera tous les outils nécessaires à ce travail sur nous-mêmes, afin que l'énergie vitale qui habite le Bélier se structure. Mercure, en tant que maître ésotérique, l'accompagnera également en canalisant et en dirigeant toutes ses idées. Nous savons que le Bélier gouverne le mental. Pouvoir mettre notre esprit dans nos actions est ce qui les différencie des réactions. Lors de l'entrée de Saturne en Bélier, Mercure sera en Taureau en conjonction avec Uranus et en conjonction avec le Soleil en Gémeaux, initiant, en quelque sorte, la révolution mentale amorcée avec l'entrée d'Uranus en Gémeaux. Mais d'abord, nous poursuivons cette révolution de nos valeurs, de nos ressources, de notre corps et de notre terre. Bien qu'il ne s'agisse pas vraiment d'une révolution au sens où elle briserait l'ancienne structure pour en établir une nouvelle, il s'agit plutôt d'une nouvelle fréquence, d'une nouvelle conscience qui se déploie. Ce n'est pas un acte d'opposition à ce qui était établi auparavant mais une nouvelle façon de voir les choses car Uranus est ce rayon qui nous « électrise », change notre fréquence et nous fait nous relier d'un autre endroit à cette « réalité ».
Enfin, Saturne nous associera toujours à nos peurs et à nos épreuves. C'est donc un formidable travail de maturation intérieure. Nous pourrions aussi ressentir un sentiment de solitude, car cela implique que chacun choisisse sa propre voie. L'objectif est une connexion profonde avec soi-même et ses désirs, fondée sur la responsabilité de nos actes. L'image symbolique qui me vient à l'esprit est celle de la création du verre par la transformation du sable (élément terre) par le feu. Le verre révèle cet aspect de la forme qu'il acquiert, ainsi que la fragilité qu'il implique (Chiron est toujours en Bélier). De fait, Saturne terminera son transit en Bélier avec Chiron, déjà en Taureau, mais il débutera en Taureau en conjonction avec Chiron. Il existe donc un lien entre ce que nous allons créer maintenant et la forme que nous commencerons à percevoir lorsque Saturne entrera en Taureau, ainsi que la fragilité et la vulnérabilité de cette forme. Ce qui peut paraître inflexible (Saturne) est façonné par le feu. Le feu transforme, la chaleur façonne… Notre feu est capable de façonner notre structure. Nous pouvons toujours recommencer. Et c'est précisément la mission de Saturne : inaugurer un nouveau cycle. Un nouveau départ…