Pleine lune en Scorpion, le 1er mai 2026. Reconnaître et nommer pour transformer et libérer.

Nous entamons le mois de mai avec la pleine lune en Scorpion, qui aura lieu le 1er à 11°20' Scorpion. Ce mois s'ouvre sur un nouveau départ, avec l'entrée définitive d'Uranus en Gémeaux, sous l'influence de Vénus, planète maîtresse de ce Soleil en Taureau. On pourrait dire que ce qui meurt nous libère… car c'est bien ce que symbolise la pleine lune en Scorpion : l'aboutissement d'un processus de transformation et la capacité de percevoir toutes les nouvelles ressources qu'il a libérées (Taureau). L'axe Taureau-Scorpion est l'axe de la vie et de la mort, de la matière et du psychisme, des émotions, de la sexualité, des finances et des ressources. Cette pleine lune en Scorpion clôt non seulement la nouvelle lune du 20 novembre, mais aussi le cycle d'Uranus en Taureau des sept ou huit dernières années. Désormais, les lunaisons sur cet axe auront une signification différente sans Uranus. Si l'on se réfère à la dernière Nouvelle lune en Scorpion le 20 novembre Au moment où la graine a été semée, nous étions plongés dans l'eau, avec un puissant trigone d'eau formé par Mercure rétrograde, le Soleil et la Lune en Scorpion, Saturne et Neptune rétrogrades en Poissons, et Jupiter rétrograde en Cancer – tous en signe d'eau. Bien que Mars fût en Sagittaire et Pluton en Verseau (feu et air), un grand tourbillon émotionnel se préparait. Rappelons-nous aussi que l'eau symbolise les processus invisibles, les choses que nous façonnons et créons de l'intérieur ; c'est le traitement de l'invisible, de l'inconscient. Or, avec cette pleine lune, cela devient précisément visible, car le Soleil en Taureau nous met en contact avec la matière et illumine la Lune. De nombreux aspects célestes accompagnent cette lunaison. Le trigone de Pluton avec Uranus et Vénus, la tension de Mars (maître de cette lunaison) avec Jupiter, qui sera exacte le 4 mai, succède à la tension du Soleil avec Pluton (l'autre planète maîtresse). Vénus sort également d'un carré avec l'axe nodal. Et au milieu de tout cela, Mercure, maître de cet Uranus, sera en conjonction partielle avec Chiron lors de la pleine lune. Tant d'énergies s'activent.
Il est également intéressant d'observer un autre aspect, tout aussi discret : l'influence du Yod sur la Lune à travers deux quinconces. L'un provient de Saturne en Bélier et l'autre de Vénus en Gémeaux. On sait que les quinconces représentent des aspects qui perturbent les choses en profondeur, car ils passent près du centre du thème astral et signifient souvent des crises, exigeant une prise de décision consciente. Selon la méthode astrologique d'Hubert, telle qu'expliquée par Martin Ochoa, ces aspects concernent des informations, des relations et une conscience qui ne mûrissent qu'après une longue période, un long processus de recherche et d'introspection. Le malaise est lié aux qualités des éléments en interaction. Ici, il s'agit de l'eau en relation avec l'air (Gémeaux) et le feu (Bélier), entre des énergies plus introverties et d'autres plus extraverties, féminines et masculines. Étant donné que les eaux du Scorpion, où réside la Lune, retiennent, à l'image des eaux de canaux nécessitant purification, nettoyage, transformation et purification de l'invisible, du stagnant, du non traité, elles agissent sur les énergies de l'ombre – c'est-à-dire sur ce que nous n'avons pas encore amené à la conscience, nommé ou reconnu. Avec l'énergie du Scorpion, nous purifions, mais non pas à la manière de la Vierge ; nous purifions plutôt ce qui est resté enfoui dans les profondeurs, ce qui a été nié, ce qui est tabou pour la société. Toutes ces parts de nous-mêmes que nous préférerions ne pas voir émerger, mais aussi toutes ces peurs qui nous retiennent prisonniers, par peur de la perte, de la douleur, de la mort. Ainsi, c'est une lunaison où nous nous immergeons dans l'obscurité pour révéler, précisément à partir de la conscience, la lumière du soleil qui nous illumine depuis le Taureau. Avec Vénus, maîtresse de ce Soleil en Taureau, ici en Gémeaux, et Uranus déjà en Gémeaux, c'est comme si nous pouvions désormais nommer et reconnaître, mettre des mots sur le corps, sur les sensations, sur la peur, sur ce qui a stagné, et aussi sur les thèmes de la valeur et de l'économie que représente le Taureau. L'entrée d'Uranus en Taureau nous confère cette polyvalence, cette ouverture, le mouvement nécessaire pour nous ouvrir à d'autres façons d'agir (Bélier). Ce qui se révèle lors de cette pleine lune, ce qui devient visible, c'est un profond processus de transformation, de libération d'énergies grâce au lâcher-prise. C'est une invitation à cesser de s'accrocher pour laisser la vie s'exprimer, ce qui ne s'exprime que dans la dualité du mouvement (Gémeaux). Et ce yod représente précisément cette prise de conscience de ce à quoi nous nous sommes accrochés jusqu'à présent, ce qui nous empêche de faire place à la vie et à son mouvement. Dans ce yod, Vénus et Saturne sont en sextile, ce qui crée une harmonie, une fluidité naturelle. Malgré les tensions inhérentes aux carrés mentionnés précédemment, ces aspects nous incitent à l'action car ils génèrent la tension nécessaire à notre progression. Le carré séparant avec Pluton nous invite à envisager la libération et les nouveaux départs, en opposition à l'axe Taureau/Scorpion, qui a tendance à l'attachement. Le carré de Mars en Bélier avec Jupiter en Cancer nous encourage à vivre pleinement notre individualité en nous connectant à notre sensibilité et à nos émotions, en agissant tout en préservant le statu quo et en laissant libre cours à la nouveauté. La sensibilité du Cancer peut engendrer un repli sur soi comme mécanisme de protection, alors qu'en réalité, le contact avec cette vulnérabilité et cette sensibilité nous relie à nos besoins, nous permettant ainsi de les satisfaire et de nourrir tous les processus et transformations internes qui jalonnent notre vie.
Le Scorpion est un signe d'eau, mais il est gouverné par Mars, planète de feu, qui nous parle de ce qui nous anime, de ce qui nous consume de l'intérieur – cette eau bouillante qui peut exploser sous la pression. Et ce lien profond avec l'eau est précisément ce qui nous pousse à recycler, à purifier, à transformer, mais cela implique de traverser l'intensité des émotions. Ces émotions sont ressenties intensément, et évidemment, ce qui est révélé peut nous déplaire ou non. Car ce qui est caché, ce ne sont pas seulement des choses qui nous mettent mal à l'aise, mais aussi des aspects, des parties de nous-mêmes qui étaient simplement dans l'ombre. Cette lunaison révèle précisément cette capacité à nommer et à reconnaître, et cela rejoint ce dont nous avons parlé dans le podcast précédent : cette part de nous-mêmes qui vit en nous même si nous ne lui avons pas accordé d'espace jusqu'à présent, qu'elle n'a pas pu s'exprimer. C'est notre part blessée, puisque Mercure est conjoint à Chiron. Et cet Uranus en Gémeaux est en train de révolutionner la communication, non seulement au niveau des réseaux et des technologies, mais aussi dans notre capacité à nous connecter, à bâtir des ponts pour faciliter les échanges, la manière dont nous faisons circuler et connectons l'information. Il apporte une grande agilité mentale, permettant d'éveiller de multiples facettes et relations, mais aussi une saturation due à son aspect sombre : une surcharge électrique, mentale et informationnelle, une surcharge de réseaux… Cela me rappelle ce livre de Rosenberg, intitulé “ Les mots sont des fenêtres ou des murs ”, qui parle de communication non violente.
C’est pourquoi le rôle de Mercure, maître des Gémeaux, en conjonction étroite avec Chiron, est si significatif ici. Dans les textes sacrés, c’est la parole qui engendre la création. Prononcer la parole, c’est ouvrir la voie à la création. Et ici, avec Mercure en Bélier, cette parole est l’action créatrice. Nos actions naissent d’idées préalables ; nous construisons à partir de nos pensées et agissons selon un système de croyances, de modes de pensée. Le fait qu’Uranus soit en Gémeaux signifie que nous nous libérons précisément d’un schéma de pensée pour ensuite agir différemment, depuis un nouvel espace. Et c’est ce que cette pleine lune nous reflète. Il y a une mort, une transformation à un niveau invisible et émotionnel, une libération d’énergie qui permet l’émergence de nouveaux mots, de nouvelles façons d’agir qui, simultanément, nous permettent de mettre des mots sur ces blessures, précisément par ces actes. Quelque chose demande à être nommé et reconnu. Dans le podcast précédent, nous avons justement parlé de ces blessures et de la façon dont la dernière nouvelle lune a semé les graines d'une connexion avec elles, car sans les nommer et les reconnaître, la création est impossible. Ce sont des actes impulsifs et désordonnés, qui cherchent à surmonter quelque chose sans vraiment savoir quoi. Si l'on considère les douze travaux d'Hercule, celui qui correspond à l'énergie du Scorpion, le meurtre de l'Hydre de Lerne, on voit comment Hercule, dans cet acte impulsif de brandir son épée et de trancher pour tuer, constate qu'à chaque tête coupée, deux autres repoussent, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il ne peut vaincre que de s'agenouiller et de présenter l'Hydre à la lumière. Ce symbolisme nous invite à mettre en lumière ce qui nous entoure plutôt que de l'affronter, de le combattre, de prétendre pouvoir tuer nos démons, les vaincre, les empêcher de se manifester, alors qu'en réalité, cette ombre aspire à l'acceptation et à la reconnaissance. Dans une autre version, ce qui met fin à la vie de l'hydre n'est pas son ascension vers la lumière, mais plutôt l'intervention d'Iolaos, qui l'aide en brûlant sa plaie pour empêcher qu'elle ne se rouvre. Iolaos est le fils d'Iphiclès, et cela nous ramène à cet autre aspect, ce frère, ce jumeau, qui, bien que n'étant pas le héros de l'histoire, intervient par le feu – ce feu qui brûle et guérit. Ainsi, dans cette version, il reçoit de l'aide, et il y a une intervention du feu d'une autre source, mais ce feu de la conscience est présent dans les deux versions, bien que sous des angles différents. Ainsi, avec cette pleine lune, quelque chose qui était dans l'ombre est révélé, permettant à la relation et à la communication de guérir. Elle agit comme un pont, nomme la blessure et permet à quelque chose de guérir et de prendre fin. Les liens créés en Scorpion sont profonds, inconscients et invisibles, et ils remuent tout ce qui est caché dans les relations actuelles, ainsi que celles héritées, liées aux secrets, aux traumatismes, à l'argent, au pouvoir, aux émotions, à la sexualité… et c'est précisément cela qui a le pouvoir de briser et de transformer. L'énergie du Scorpion nous permet de sonder cette obscurité, cet aspect caché, et de le révéler, permettant, par cette libération, la transformation de ces énergies en conscience. Cela signifie qu'elles n'agissent plus depuis l'inconscient, ni depuis l'ombre. Cette transformation est ce que l'on pourrait aussi appeler alchimie. Et si le magicien est souvent associé à l'énergie des Gémeaux, avec Uranus en Gémeaux et Mercure conjoint à Chiron, on pourrait dire que nous guérissons, que nous opérons une magie avec nos blessures. Cette ouverture d'esprit nous amène à voir et à agir différemment, et le feu cautérise la plaie, lui permettant de cesser de saigner, de cesser de répandre notre énergie vitale, et ainsi de la concentrer sur de nouvelles actions. Et évidemment, avec Mars en Bélier, ces actions sont au centre de nos préoccupations car elles révèlent notre agressivité, cette force vitale qui nous permet d'avancer, de faire des pas. C'est cette impulsion de mouvement qui nous porte vers quelque chose, vers ce pouvoir d'être, d'exister, vers la vie. Et le lien avec le Cancer parle aussi d'un lien avec nos besoins, de la capacité à les ressentir et à agir en réponse à ces besoins. Mais nous ressentons aussi cette notion, déjà évoquée à plusieurs reprises lors de l'entrée de Saturne en Bélier, de la responsabilité de nos vies et de la nécessité d'en répondre. Avec la Lune formant le sommet d'un yod, lui-même constitué de quinconces liés à l'énergie de Saturne, et Saturne également impliqué par son sextile avec Vénus, cette responsabilité et ce processus de verticalisation auxquels nous invite l'énergie de Saturne sont particulièrement actifs durant cette lunaison. Nous opérons une rupture, un détachement, un lâcher-prise, un dégagement, afin d'entamer ce cheminement à la fois solitaire et accompagné. Non plus en quête de sécurité, de confort, mais en puisant dans la génération de nos propres ressources, car c'est ce que nous laisse Uranus après son transit en Taureau. L'état de fusion vers lequel le Scorpion nous conduit, comme pour tous les signes d'eau, puisque l'eau unit toute chose, nous ouvre alors la voie à la transformation. S'immerger dans ces liens émotionnels, économiques et psychiques, dans ces “ attaches ” – leur aspect obscur – est en quelque sorte nécessaire, car il faut les vivre pour les alchimiser, les transformer de l'intérieur et renaître. Ainsi, nous allons traverser des situations intenses durant cette lunaison si des planètes se trouvent dans ces degrés, mais après cette période d'intensité, nous en ressortirons régénérés. L'énergie potentielle disponible avec ce Mars en Bélier nous permet d'affronter, tel un guerrier, tout ce qui s'agite en nous. Il est possible de libérer d'anciennes peurs, des traumatismes, des douleurs… tout ce qui est nécessaire pour repartir à zéro. Car nous avons déjà les trois planètes transpersonnelles dans leurs nouveaux signes et leurs nouvelles énergies.