Pleine Lune en Verseau, le 9 août 2025. Nous nous révélons, nous nous libérons et nous nous déployons en réseau.

Ce 9 août, la Pleine Lune en Verseau aura lieu à 16,59 degrés du Verseau. Cette Pleine Lune marque le point culminant de la Nouvelle Lune en Verseau du 29 janvier ; je vous invite donc à la relire. ici Ce qui s'est ouvert à ce moment-là. J'aimerais reprendre les idées que j'ai lancées dans cet article sur cette nouvelle lune, cette idée que l'unité implique la différenciation, car la création implique des limites et une différenciation afin de développer quelque chose d'unique et d'innovant. Et cette différenciation s'obtient par le processus de libération, de détachement. La libération ne consiste pas à se séparer en soi, mais plutôt à se libérer de notre authenticité (l'axe Lion-Verseau). C'est donc un processus qui nous concerne davantage. De quel passé, de quels commandements, de quels attachements… devons-nous nous libérer ? Et le détachement n'est pas une question de déconnexion, mais de maintien de la liberté dans la connexion avec nous-mêmes et avec les autres. Autrement dit, reconnaître comment les choses nous affectent, comment nous ressentons sans rester attachés à ces formes, à ces émotions… Le Verseau, à travers la notion de réseau, nous rappelle les multiples possibilités créatives, originales et uniques qui s'offrent à nous pour nous connecter à tout ce qui arrive. Cela nous incite à rompre avec le schéma établi pour créer le nôtre, en lien avec ce réseau dans lequel il est immergé. Si nous observons la nature, nous voyons la richesse qu'elle abrite, les espèces animales et végétales qui cohabitent… Il en va de même pour les êtres humains : nous sommes tous différents, et cette différence est ce qui crée l'humanité. La société, et son fonctionnement à travers des normes créées pour faciliter la coexistence de tous ces êtres, ne peut empêcher les gens de sortir de ce système, car chaque concept ou mouvement a son pôle opposé. La loi existe parce qu'il y a transgression, et la transgression existe parce qu'il y a loi. L'une ne va pas sans l'autre ; c'est l'équilibre universel. La mythologie nous montre comment, à l'âge d'or, les dieux et les hommes vivaient en paix, et qu'à un moment donné, cette symbiose a dû être rompue, et les hommes ont été terrassés, créant cette séparation, cette différenciation. Nous retrouvons le même processus dans la Genèse, lorsqu'Adam et Ève furent expulsés du paradis. Et cette expulsion et cette différenciation sont ce qui nous permet de générer quelque chose de nouveau et d'unique. Cela ne signifie pas que nous devons être exclus, mais plutôt que l'acte de nous différencier est inné dans notre nature, car il marque notre individualité, le germe de ce qui nous constitue. L'important est de pouvoir accepter et soutenir les différences et la nouveauté dans une société en quête d'une structure sur laquelle s'ancrer afin de générer un cadre commun permettant un certain ordre. Mais les énergies qui prédominent actuellement avec le triangle des planètes transpersonnelles sont chaotiques car elles exigent une évolution. Nous sommes cycliques… et nous terminons et commençons constamment des cycles, mais nous traversons plusieurs cycles à la fois, certains plus longs que d'autres. Et le décalage d'Uranus, Pluton et Neptune nous évoque le début d'un nouveau et long cycle d'énergies yang, l'air et le feu, émergeant d'un cycle d'énergies yin, l'eau et la terre. C'est une invitation au mouvement, à l'action, à la définition de soi. La carte de cette pleine lune est chargée d'aspects. Uranus, maître du Verseau, forme un grand trigone d'air avec Pluton en Verseau, et Mars vient d'entrer en Balance. Mars est en opposition à Saturne, Neptune est rétrograde en Bélier, et Mercure est toujours rétrograde en Lion, en opposition à Pluton. Ce grand trigone d'air se distingue par une forte présence d'énergie sociale collective. C'est aussi une pleine lune en Verseau. Il nous parle en tant que collectif, en tant qu'humanité, en tant qu'individus appartenant à un réseau plus vaste. Il nous parle donc des relations, de l'intrigue que nous créons collectivement par nos actions individuelles, mais aussi de notre évolution individuelle face aux changements collectifs.
Avec cette pleine lune, nous prenons conscience de notre participation à cette humanité et de notre état de connexion ou de déconnexion, de notre besoin de nous libérer, de nous détacher et de créer de nouvelles façons d'affronter les changements majeurs dans lesquels nous sommes plongés. Dans la mythologie, Uranus, maître du Verseau, est souvent associé au Titan Prométhée, qui voulait se rebeller contre les volontés de Zeus. Il vola le feu et le donna à l'humanité, mais Zeus l'enchaîna. Il fut ensuite libéré grâce à Chiron (l'archétype du guérisseur blessé) qui prit sa place… Prométhée signifie « celui qui anticipe ». Prométhée est donc associé à la prévoyance, et Uranus représente précisément cette capacité de révélation, de vision futuriste et de libération, car il se tourne vers l'avenir, vers la nouveauté. Nous savons que la notion de destin était très importante dans la mythologie, et que tout tournait autour d'elle. Prométhée pouvait révéler des choses, mais il n'a échappé à son propre destin que lorsqu'il a pu se libérer de ses blessures, grâce à la reddition de Chiron. Aujourd'hui, nous ne parlons pas de destin, mais d'un ordre, d'un ordre supérieur dans lequel nous sommes plongés, et il est évident que l'innovation et le progrès nous ouvrent une grande liberté. De telles nouveautés nous permettent de nous libérer de ces limites qui finissent par nous réprimer. La véritable liberté naît de l'acceptation et de l'abandon de nos blessures, car nous les dépassons. Ce Mars en Balance répond à Vénus en Cancer en conjonction avec Jupiter, conjonction qui sera exacte quelques jours plus tard, le 12. Et Vénus, à son tour, répond à cette Lune en Verseau. Vénus et Jupiter en Cancer nous plongent dans ce monde émotionnel, fait de connexions, de relations, de ce qui nous touche profondément, car ils répondent à la Lune. Des choses du passé se réveillent, des blessures, mais précisément avec le besoin de les libérer, de nous détacher, car le nouveau implique de construire à partir d'un nouveau lieu. Bien que nous dissolvions une identité et en reconstruisions une autre, nous n'existons qu'en relation à une autre. Tout ce travail de guérison, de construction de notre identité, est un cheminement en réseau. L'autre est ce qui nous permet de nous définir, car toutes les graines, toutes les individualités sont connectées. Si Vénus est source de désir, son champ magnétique n'est activé que de l'extérieur. Ainsi, ce qui définit nos relations, nos goûts, nos valeurs change… Car ils s'inscrivent dans un cadre énergétique plus vaste. Mars en Balance, agissant par ce désir d'harmonie et d'équilibre, peut se perdre à travers cette Vénus dans des schémas affectifs qui nous intensifient et nous freinent, mais il nous rappelle aussi que nous sommes lunaires, que nous sommes substance, et que pour prendre forme, nous devons protéger l'information que nous contenons. La question est de savoir si nous pouvons accueillir de nouvelles informations afin de ne pas toujours reproduire la même chose. Et nous sommes dans ce processus. La création de frontières et de limites est nécessaire pour façonner notre substance, mais leur modification est également nécessaire pour donner naissance à de nouvelles formes. Et ces formes, c'est nous, avec nos vies et nos créations. Et l'énergie du Verseau me rappelle que je n'existe que par ma connexion à un réseau plus vaste. Ce réseau me soutient, et je le soutiens. Nous évoluons ensemble.
Ainsi, avec l'apogée de cette lunaison, nous nous intériorisons, rejoignons nos émotions, notre façon de nous habiter, et mettons en lumière notre relation à ce réseau, aux groupes, au collectif. Si nous isolons, excluons, incluons nos différences, celles des autres, là où nous avons besoin de nous libérer, de nous détacher… quel est notre sentiment d'appartenance ? Le symbolisme du Soleil, maître du Lion, avec ce cercle et sa pointe centrale, nous montre qu'il existe un centre et une périphérie gravitant autour de nous, qui seraient notre système solaire et notre psyché, dans la mesure où le Soleil est notre conscience de toutes ces énergies. Mais ce centre est aussi formé par la périphérie. Si la périphérie change, le centre change aussi. Et c'est le processus que nous vivons, et il nous reflète aussi, en opposition à Mercure, toujours rétrograde en opposition à Pluton : nous redéfinissons qui nous sommes, car le collectif change, et je ne suis pas un être isolé… Nous redéfinissons le récit, notre façon de nous voir, de nous penser. Nous générons le collectif par nos actions individuelles, mais les forces collectives nous génèrent aussi… Par exemple, tout développement technologique nous affecte et nous impacte tous dans de nombreux aspects de nos vies, ou sur ce qui se passe dans le monde… d'où le besoin de détachement que cette pleine lune éclaire pour nous. Un détachement non pas par déconnexion de nos émotions, mais par désidentification avec la forme lunaire que nous reproduisons. Ce grand trigone d'air, de mouvement, de relations, de changement, de nos perspectives mentales nous invite à nous redéfinir dans nos relations, dans notre connexion avec les groupes et le collectif. Cette ouverture d'esprit est précisément ce qui nous permet de nous situer ailleurs, non pas en répétant simplement la même histoire, mais en habitant notre centre pour lui permettre de bouger. C'est l'expansion que nous offre cette conjonction de Vénus et Jupiter, une connexion intérieure qui me permet précisément de m'adapter au changement sans oublier mon propre centre. La Lune sera en Poissons lorsque Vénus et Jupiter seront en parfaite conjonction, et cette image du Soleil, du centre et de la périphérie est identique à celle du prisme et de la lumière que j'ai présentée lors de la nouvelle lune en Verseau : comment la lumière blanche se décompose en différentes couleurs, comment l'unité implique la différenciation, mais en même temps, la fragmentation en couleurs se réunit dans le rayon de lumière blanche. Dans l'invisible, quelque chose nous unit. C'est cette notion de totalité qui continue de pointer vers le nœud nord en Poissons, mais aussi de dissolution, car lorsque je fais confiance, je lâche prise et je m'abandonne, sachant que tout est à sa place. Ce processus d'individuation, enclenché notamment avec l'entrée de Neptune et Saturne en Bélier, ne peut être isolé de son contexte plus large. Notre désir n'existe pas seul ; nous nous déployons simplement en réseau. Et puisque les pleines lunes nous parlent d'équilibre, de réflexion, puisqu'elles sont un aspect d'opposition, il s'agit de prendre conscience de cet équilibre qui existe entre ce centre et la périphérie, nous et les groupes, les collectifs, les réseaux. Le soleil émet sa propre lumière, mais cette lumière se révèle dans un tissu.
La maison où se trouve votre 17e degré en Verseau est celle où il sera révélé, illuminé, où la libération et le changement s'opéreront. Cette maison est également liée à la position d'Uranus dans votre thème astral, car ce processus de libération s'effectue par son intermédiaire. La maison où se trouve votre Verseau vous indique le domaine de votre vie où vous établissez cette connexion mentale majeure. Lorsque je suis en connexion avec ma Lune, je m'habite, je me nourris et je prends soin de moi ; je peux évoluer librement au sein de ce réseau. Nous sommes, tout simplement, dans un réseau de relations.
Les blessures marquent notre humanité, mais nous ne pouvons y rester attachés. Elles sont une porte vers la transcendance, tout comme le mythe de Chiron et d'Uranus. Je ne peux me libérer que lorsque je m'abandonne à ces blessures. Autrement dit, ma vie ne tourne plus autour d'elles. Au contraire, leur acceptation et ce que j'ai appris en les guérissant me donnent le potentiel de dépasser mon nombril et d'utiliser leur énergie pour transcender, m'en libérer et me connecter à ma place dans un réseau. Je ne peux ressentir cette connexion à la périphérie que lorsque je ne suis plus attaché au centre. Le centre est un point d'équilibre auquel je dois revenir, mais ce centre doit pouvoir changer de place. Les blessures sont le chemin vers cette connexion, le chemin vers notre liberté lorsque nous nous en détachons. Mais ce chemin passe par le ressenti. Chiron rétrograde en Bélier est en carré à Pluton en Verseau ; il existe donc un lien entre la guérison de nos blessures, le respect de notre individualité et de notre identité, et le mouvement collectif. Ces changements ouvrent nos blessures, mais ils nous permettent aussi de les libérer, précisément parce que le carré est avec Pluton en Verseau, et il ne nous permet pas de les transmuter. Autrement dit, l'essence de notre contribution au réseau réside dans le travail sur nos blessures. Et comme il s'agit de Pluton, on parle de « kystes », c'est-à-dire d'énergies profondément ancrées. Mais ces changements nous permettent aussi de libérer ces blessures.
Cette pleine lune nous aide à lâcher prise…